Au MUCEM de Marseille s’est ouverte une exposition qui nous fait envie, un hommage à ce genre visuelo-textuel si singulier et attachant : le roman-photo !

C’est en tombant sur de vieux numéros du magazine Nous Deux que la journaliste et iconographe Frédérique Deschamps, co-commissaire de l’exposition, s’intéressa pour la première fois à cette forme de récit illustré, né en Italie aux lendemains de la Seconde Guerre Mondiale et qui connut bientôt un succès colossal. Un art un peu kitsch, très pop et surtout terriblement méconnu, car longtemps snobé par les élites. Pourtant, de romances cheaps en parodies, d’expérimentations artistiques en transgressions érotiques, ce sont tous les stéréotypes et les fantasmes de la société qui se dévoilent sans détours dans ces strips photographiques.

Avec cette exposition, le musée marseillais redonne au genre ses lettres de noblesses et explore ses émules, comme les jolis « cinéromans », qui reprenaient des images extraites de films en vogue et y ajoutaient du dialogue, pour en donner un aperçu à ceux qui n’avaient pas accès au cinéma.

Mais le roman-photo n’est pas qu’une drôlerie vintage. Format clair et agréable à lire, il permet aussi d’aborder des sujets d’actualité sérieux avec intelligence, créativité et élégance. Parue en 2017, L’Illusion nationale est une enquête de terrain sur la vie dans trois villes dirigées par le Front National. Réalisée par Valérie Igounet et Vincent Jarousseau, elle reprend le format du roman-photo dans une version noir et blanc au plus près du réel.

La même année, dans La Fissure, le photographe Carlos Spottorno (récipiendaire du World Press Photo Award en 2015, s’il vous plaît) et le journaliste Guillermo Abril évoquent les tensions cristallisées aux frontières de l’Europe et le parcours épique des réfugiés qui tentent de les franchir. Ici la photo se pare de filtres graphiques étonnants, pour un résultat sidérant de puissance narrative, à mi-chemin entre le documentaire et la bande-dessinée.

L’entreprise en roman-photo

Cela peut surprendre, mais le roman-photo est aussi un chouette outil de communication ! Comme vous l’aurez compris, chez Ecriveron nous l’aimons bien : nous en avons déjà scénarisé pour quelques-uns de nos clients. En communication externe, il pose un ton pop et décalé qui peut aider (comme la bande-dessinée) à rendre plus accessibles des questions techniques, ou à dédramatiser des sujets sensibles. En interne, il est en plus une opportunité sympathique d’impliquer les collaborateurs, transformés le temps d’un shooting convivial en comédiens-photo.

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